Un poète touareg, Hawad, a relevé le défi de publier un recueil de poèmes en édition bilingue, français et touareg, défi d’autant plus étonnant lorsque l’on sait que le touareg est surtout une langue orale et que l’écrit consiste essentiellement à tracer des signes dans le sable ; c’est d’ailleurs le seul recueil actuellement publié en langue touareg.
Ce livre s’intitule « Buveurs de braises », long poème en douze chants, accompagné de calligraphies tifinagh originales de Hawad.
Ô assoiffés
nous avons bu les braises
Sans se soucier du feu
mémoire qui dévore son sillage
l’astre galope depuis mille ans
à la recherche du double
de sa raison
Sans attendre les noces
de la fleur et du printemps
l’été en plein désert
un papillon embrasse
la craquelure de braise
auréolant les lèvres
de l’orphelin touareg que broient
les chars du Sahel
La poésie de Hawad est un cri qui prolonge l’âme de ces nomades déchirés entre modernité et tradition. Le poète emploie le « nous » pour insister sur le fait qu’il ne fait qu’un avec la lutte de son peuple.
Pour Hawad, la modernité signifie la société de consommation donc de destruction de l’être. Face à elle, la poésie est une arme, une force qui peut devenir violence même si cette violence des mots est porteuse d’une paix en elle-même. Tout touareg fait des poèmes :
« Ils nous ont volé les larmes,
Ils ne nous voleront pas la poésie. »
Un poète touareg, Hawad, a relevé le défi de publier un recueil de poèmes en édition bilingue, français et touareg, défi d’autant plus étonnant lorsque l’on sait que le touareg est surtout une langue orale et que l’écrit consiste essentiellement à tracer des signes dans le sable ; c’est d’ailleurs le seul recueil actuellement publié en langue touareg.
Ce livre s’intitule « Buveurs de braises », long poème en douze chants, accompagné de calligraphies tifinagh originales de Hawad.
Ô assoiffés
nous avons bu les braises
Sans se soucier du feu
mémoire qui dévore son sillage
l’astre galope depuis mille ans
à la recherche du double
de sa raison
Sans attendre les noces
de la fleur et du printemps
l’été en plein désert
un papillon embrasse
la craquelure de braise
auréolant les lèvres
de l’orphelin touareg que broient
les chars du Sahel
La poésie de Hawad est un cri qui prolonge l’âme de ces nomades déchirés entre modernité et tradition. Le poète emploie le « nous » pour insister sur le fait qu’il ne fait qu’un avec la lutte de son peuple.
Pour Hawad, la modernité signifie la société de consommation donc de destruction de l’être. Face à elle, la poésie est une arme, une force qui peut devenir violence même si cette violence des mots est porteuse d’une paix en elle-même. Tout touareg fait des poèmes :
« Ils nous ont volé les larmes,
Ils ne nous voleront pas la poésie. »